L’animation de discussions philosophiques avec le jeune public

Le contexte

L’atelier de discussion philosophique participe à la formation du citoyen de demain en développant l’esprit critique et en cultivant les compétences sociales telle que l’écoute active. C’est une dynamique de groupe axée sur la curiosité, la co-construction entre pairs, la participation active de chacun à la vie du groupe et plus tard, à la vie de la cité. C’est un outil formidable ! Il s’agit ici d’initier les enseignants ou éducateurs à l’acquisition de cette démarche si riche d’apprentissage social et culturel.

Objectifs

  • Développer ses compétences d’animateur et d’encadrant, apprendre à maintenir un cadre bienveillant permettant l’échange, travailler et transmettre l’écoute active, distinguer questions et remise en question.
  • Acquérir et transmettre les moyens d’exprimer ses idées, son ressenti, ses doutes, sans susciter l’hostilité.
  • Susciter la capacité à s’émerveiller, à poser et se poser des questions, apprendre à mettre en place une dynamique de recherche collective, développer la citoyenneté et la participation actives.
  • Accompagner, de façon ludique, le dépassement de la simple opinion, la découverte de champs de sa propre pensée jusque-là inaperçus, développer l’estime de soi et le respect de l’autre.
  • Identifier les outils permettant à la discussion de progresser, à la pensée de se construire, aux conflits d’opinions de se transformer en intérêt intellectuel

Pré-requis et modes d’intervention

Ce cycle est éminemment actif et pragmatique. Aucun préalable philosophique n’est requis, sinon le projet de mettre en place des moments de discussions au sein de son environnement professionnel ou l’envie d’acquérir de nouveaux outils pour l’animation de ces moments.

Lors de la formation, nous alternons les mises en pratiques de la discussion philosophique, les exercices permettant d’acquérir les outils d’animation, les points théoriques et les temps d’élaboration de projet.

Vous avez dit discussion philosophique ?

Il ne s’agit pas ici d’histoire de la philosophie, de lecture d’auteurs, mais de démarche de la recherche, d’épistémologie (philosophie de la connaissance) et donc de méthodologie de la pensée. On ne cherche pas à découvrir qui a dit quoi, mais plutôt comment nous pensons une question, comment notre pensée s’articule, en quoi elle peut diverger de celle des autres. Nous découvrons aussi comment ces pensées divergentes peuvent nous permettre de relever ensemble le défi d’une construction exigeante, raisonnée, tenant compte de la complexité, en partant pourtant uniquement de notre expérience, de notre curiosité et en musclant notre esprit critique.

Lorsque, à partir d’un support ludique, la discussion philosophique s’engage, les participants sont bien entendu invités à exprimer leurs points de vue sur la question. Ils sont également conviés à manipuler un outil d’animation qu’ils auront choisi. Ainsi, l’un sera attentif à ce que nous produisions des exemples, un autre tentera d’identifier les présupposés, etc. L’acquisition de ces outils d’animation se fait progressivement par tous. L’animateur n’intervient jamais sur le contenu de la discussion, sur les idées échangées, mais seulement sur la structure, à l’aide de ses outils d’animation, et ses interventions sont principalement sous forme de questions.

A la fin de la discussion, nous prenons le temps d’échanger sur ce qui s’est passé pour nous pendant cette discussion : notre ressenti, nos enthousiasmes et frustrations, mais aussi notre capacité à identifier et mobiliser les outils afin d’affiner encore leur acquisition, ainsi que le climat dans lequel s’est déroulée la discussion.

Boîte à outil développée chez les stagiaires et transmissible au jeune public

  • La précision : l’identification de présupposés , la recherche de définitions, l’identification de sophismes
  • L’attention aux autres : la formulation, sous forme d’hypothèses, d’opinions ; l’examen de ces hypothèses par la mobilisation d’exemples ou de contre-exemple; la mise en lien ; l’écoute ; la reformulation
  • La créativité : l’élaboration d’hypothèses, d’alternatives

 

Partager cette page :