Rencontrer des schizophrènes, Danièle Guennebaud, psychologue

Publié le 5 décembre 2018 par UPA

Détails de l'événement

  • Début : 13 Déc 2018 à 19:30
  • Fin : 13 Déc 2018 à 21:30
  • Lieu : Université Populaire des Ardennes
  • Adresse : 3 rue du gymnase - 08000 Charleville-Mézières

Les patients schizophrènes ressentent le monde comme étrange voir étranger. Ils sont comme le Petit Prince de Saint Exupéry lorsqu’il atterrit sur la planète terre. En découle des angoisses spécifiques que sont les angoisses de morcellement, d’intrusion, d’explosion, qui vont nécessiter des défenses particulières, très violentes très fortes pour se défendre. Ils manquent, au schizophrène des clés pour comprendre le monde et pour être dans une relation tolérable avec lui. Tout se passe comme si des éléments fondamentaux ne leur ont pas été transmis. C’est pourquoi on peut penser qu’il faut plusieurs générations pour créer une psychose.
Ces éléments sont pour certains, irrémédiablement perdus comme pour Lacan qui parle de forclusion, d’autres font le pari qu’un travail est possible pour tricoter des choses qui permettent de trouver du sens à l’existence.
Le Petit Prince a bien pu en interrogeant Saint Exupéry et le renard, percer l’énigme au départ inintelligible pour lui de la vie sur Terre. Le délire est une manière d’élaborer une interprétation de ce monde qu’on ne comprend pas. Le délire a une fonction positive. Certaines médiations comme la littérature ou l’art peuvent faciliter le nécessaire travail de déchiffrage et d’interprétation du monde.

Comment ne pas se sentir étranger dans ce monde étranger à soi ? Les sentiments de transformation corporelle, les sensations de posséder un corps étranger, où l’on se sent soi-même étrange, bizarre… « Je suis vingt mille lieues sous les mers » = largué, sans consistance… Ce vécu d’étrangeté est extrêmement angoissant. Pouvoir l’exprimer à quelqu’un qui peut accueillir l’angoisse, l’accompagner permet de la diminuer, de s’apercevoir que d’autres dans un groupe ressentent des choses du même ordre permet de se sentir moins différent donc moins étrange. L’art et la littérature sont de précieux alliés et nous montrent que des artistes ou des écrivains célèbres ont quelques points communs avec les fous. La thérapie familiale, elle, constitue un espace de co – création pour relancer la capacité d’une famille à transformer son héritage en le pensant ensemble.
Comment s’inscrire et prendre sa place dans ce monde étranger à soi ? En menant des activités créatives on prend sa place peu à peu.

Le stade du miroir ou l’émotion esthétique rendent compte du noyau psychotique chez l’enfant qui peut basculer dans la schizophrénie plus tard. C’est une autre hypothèse. Pour se sentir exister, se sentir uni, rassemblé, il faut se voir et s’éprouver dans le regard de l’autre. Le regard absent du ou des parents peuvent constituer des causes de la pathologie. Etranger à soi et au monde : cela peut être dû à un défaut de relation avec l’entourage primaire (les parents).

A travers le récit d’expériences de nombreuses thérapies, Danièle Guennebaud nous entraine dans les univers schizophrènes pour mieux les comprendre et mieux les écouter.

Avec l’association « Perspective plurielle ».
Danièle Guennebaud sera accompagnée par Catherine Mazzocato, thérapeute familiale.

 

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